Agilité et digitalisation, allons plus loin avec Laurent Baillet, DSI dynamique et positif de HOPPS Group !

Retour sur la dernière table ronde Cambria : Le digital contribue-t-il à mieux travailler ? Nous avons eu le plaisir d’écouter nos trois intervenants passionnants et passionnés. Merci encore à Orange Campus pour leur accueil à Laurent BAILLET (HOPPS Group), Emilie Esposito (Kaliop Interactive Media) et Laurent Meineri (Five Goal).

Pour aller plus loin, voici notre entretien détonnant avec Laurent Baillet.

Cambria Conseil : Laurent, peux-tu nous décrire ta mission exacte chez HOPPS ?

Laurent Baillet : La mission du DSI c’est comme Jean-Claude Van Damme sur la photo où il fait le grand écart entre deux camions en mouvement. Sauf que chez HOPPS, un des deux camions avance plus vite que l’autre.
Il faut donc beaucoup d’agilité, d’engagement et de présence d’esprit pour accompagner le groupe dans la réussite. Passer de quatre entreprises début 2017 à une douzaine environ à la mi 2018, demande énormément d’énergie pour réaliser les fusions IT aussi bien sur les aspects techniques qu’organisationnels. La DSI a été ajustée 4 fois en 12 mois pour rester alignée en permanence à la stratégie évolutive d’HOPPS.
C’est passionnant !! C’est challenge sur challenge… Le « terrain de jeu » d’HOPPS est très large et complémentaire : Retail, Wholesale, eCommerce, Supply Chain, Last Miles
Il y a pléthore de nouvelles technologies trouvant place dans ce business pour l’optimiser et le sécuriser, voir le rendre possible tout simplement : IoT, Machine Learning, AR/VR, BigData, BlockChain…
La complémentarité de ces deux mondes permet de faire évoluer la stratégie d’HOPPS vers une organisation Techno et Data Centric. Deux piliers incontournables aujourd’hui pour rester compétitif. Comme disent les anglais, c’est ‘mandatory’ !!
Mon rôle est donc d’apporter cette vision qui pose les bases des prochains mois (L’unité de mon plan quinquennal est le mois et non l’année… 😉 tout en gérant le quotidien grâce à une équipe de 100 personnes, motivée, performante et prenant beaucoup de plaisir, une des valeurs principales d’HOPPS.

CC : HOPPS Group c’est finalement 12 entreprises dans l’entreprise, c’est la société d’aujourd’hui ?

LB : Comme indiqué précédemment, l’ensemble des sociétés du groupe sont cohérentes et complémentaires.
Une division « Produit » [Start HOPPS] sous-traite à la division « Logistique » [Log HOPPS] permettant d’atteindre le consommateur grâce à la division du « Dernier kilomètre » [Distri HOPPS]. HOPPS est donc présent du premier au dernier kilomètre. En complément de l’activité interne, chaque Business Unit adresse des clients externes au groupe afin de compléter et consolider le chiffre d’affaire.
La DSI est dans la même logique puisque possédant des clients externes sur des offres SaaS de produits collaboratifs, mobile et de diffusion multicanal…
Je suis donc également un chef d’entreprise au même titre que mes compagnons pilotant les Business Unit du groupe. De nouvelles offres sont même en cours de préparation autour de la planification intelligente de tournées et de la Data, nouvel axe stratégique du groupe.
La maîtrise de la Data devient un enjeu majeur avec l’avènement de la RGPD qui, contrairement à la majorité des sociétés, est vécue comme une formidable opportunité chez HOPPS.
« La Data, c’est mon Dada… »   😉

CC : Quels sont selon toi les freins au digital ?

LB : Encore faut-il définir la notion de Digital. Personnellement je l’associe à deux concepts : Dématérialisation et Disponibilité (souvent via la Mobilité).
Grâce à ces deux vecteurs vous améliorez la qualité, la traçabilité… vous diminuez la pénibilité et augmentez la productivité.
Quels freins à cette vague déferlante ? Il y a les grands classiques comme par exemple « La digitalisation supprime des emplois ».
La digitalisation nécessite souvent des investissements pas toujours à la portée de son entreprise.
Pour autant, il faut se battre contre ces freins car sinon c’est la mort assurée.
C’est dur de faire évoluer rapidement les mentalités… Il faut beaucoup de conviction et une grande capacité à la partager…
Avec une bonne approche Lean, il y a toujours plein de Quick Win en adoptant une stratégie digitale. Vous améliorez la qualité tout en soulageant des tâches répétitives à faible valeur ajoutée.
Améliorer le quotidien de vos employés et ils vous le rendront au centuple.
Cela ne peut être que bénéfique pour l’entreprise qui verra sa rentabilité exploser.
Selon les moyens et la maturité de l’entreprise, il faut adopter la bonne vitesse. Il ne faut pas confondre vitesse et précipitation.
La seule chose dont je suis sûr c’est qu’il faut absolument y aller…

CB : Quelles sont pour toi les entreprises remarquables dans le digital et pourquoi ? 

LB : UBER est une entreprise remarquable par son niveau de digitalisation.
Passage de commande instantanée via son smartphone, estimation du délai et suivi de l’arrivée du chauffeur, paiement en ligne, enquête de satisfaction dématérialisée…
Zéro papier, processus complètement disponible et instantané apportant totale satisfaction aux usagers. Je ne parle pas ici du modèle social qui est un autre sujet.
APPLE et GOOGLE sont, bien entendu, des fournisseurs exceptionnels de la digitalisation. Si GOOPLE naissait, entreprise résultante du mariage, ce serait une vraie bombe atomique dans le monde du digital.
Le kérosène avec la Data et la fusée avec le smartphone.
D’après les prédictions, le smartphone ne va pas évoluer visuellement dans les prochaines années. L’ergonomie de la main ne va pas changer donc le smartphone non plus… 😉
Par contre, l’intérieur va subir de très grandes transformations avec l’accélération des processeurs et leur spécialisation à l’aide de l’intelligence artificielle. Encore difficile d’imaginer le résultat mais cela va certainement bousculer pas mal de schémas de vie et de consommation.

CC : Est-ce que tous les secteurs se prêtent au digital ? 

LB : Totalement ! Regardez les constructions de maisons par exemple. A priori, activité peu concernée… Des imprimantes 3D géantes vous construisent une maison quasiment clef en main à présent. « Dit Siri, construit moi un avion s’il te plait pour partir en vacances… « … 😉
De ma montre connectée qui m’accompagne pendant mes activités sportives et aux caisses des commerçants à mon smartphone dont les usages sont devenus indispensables au quotidien en passant par le pilotage de la musique diffusée via Wifi dans la totalité de mon appartement et le GPS de ma voiture à qui je parle pour lui donner ma destination…
Comment pouvons-nous imaginer que certains secteurs puissent être exempts du digital ?… Il faut ouvrir ses Chakras… Regarder, observer, écouter, partager…

CC : Quels conseils donnerais-tu à un dirigeant qui freine face au digital ? 

LB : Prenez votre retraite et passez la main…

CC : Et la déconnexion dans tout ça ? L’autre face du digital c’est quoi ?

LB : Le droit a la déconnexion est un sujet d’actualité. Je ne suis pas très à l’aise avec ce sujet car il y a toujours deux façons de l’appréhender.
Prenons le cas des mails… Du point de vue du rédacteur, pourquoi s’interdirait-on d’envoyer un mail, même pendant le week-end, si c’est son choix ? Le receveur n’a qu’à pas regarder ses mails professionnels le week-end et tout le monde s’y retrouve.
De point de vue du receveur, si la réception est perçue comme une pression psychologique parce qu’il ne peut pas s’empêcher de regarder ses mails et se dit que s’il ne répond pas, cela va avoir des conséquences sur sa carrière, je dirais, qu’effectivement, il faut mettre en place une protection.
Mais que c’est dommage… C’est le même sujet des quotas de femmes au conseil d’administration. C’est une aberration d’être obligé d’embaucher des femmes aux dépends d’hommes parfois plus compétents. Pourtant, c’est un mal nécessaire pour faire bouger les frontières.
Il y a pas mal de sujets sur le revers de la digitalisation : protection de la vie personnelle, lutte contre la ‘digitaddicte’ qui va des ravages chez nos jeunes et beaucoup en Asie (Japon par exemple). Sur le principe de « Science sans conscience, n’est que ruine de l’âme », il faut légiférer et protéger les gens, parfois contre eux-mêmes.

CC : Pour terminer y a-t-il une personne qui t’inspire que tu admires ? Pourquoi ?

LB : Rien à voir avec le Digital… Simone Veil pour sa vie, son combat pour les femmes, son obstination et sa force lorsqu’il a fallu aller au front.
Comme dit Oprah Winfrey : « You become what you believe ».

CC :  Merci Laurent !

À propos de l'auteur: Blandine Mantelin

Blandine Mantelin
Coach également spécialiste de la communication d’entreprise, Blandine s’attache à comprendre finement les situations humaines pour y apporter discernement, réflexion et impulser le changement.